Qui est Blaise Desgoffe ?

Blaise Alexandre Dumont Desgoffe est né et mort à Paris les 17 janvier 1830 et 1er mai 1901 (bien que souvent retenue, nous avons établi que la date du 2 mai est erronée). Neveu du paysagiste Alexandre Desgoffe et père de Jules Desgoffe, cet élève d’Hippolyte Flandrin et de William Bouguereau entre à l’école des Beaux-Arts en 1852. Malgré une formation en peinture d’histoire, il se spécialise dans la reproduction d’objets précieux du xviᵉ siècle.

Ce maître expose au Salon de Paris à partir de l’année 1854 ou 1857 selon les sources. Il y reçoit les médailles de 3ᵉ classe en 1861 et de 2 classe en 1863. Fait chevalier de la Légion d’honneur en 1878, il se voit décerner la médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1889. Dans le 6 arrondissement de Paris, l’actuelle rue Blaise-Desgoffe (qui forme un « L » entre les rues de Vaugirard et de Rennes) a été inaugurée en 1908 (voir la plaque de rue ci-contre).

Blaise Desgoffe se consacre surtout à la peinture d’objets appartenant au trésor du Louvre, pour la plupart visibles dans la galerie d’Apollon. La délicatesse de son pinceau, sa précision presque maniaque, la virtuosité avec laquelle il restitue les couleurs, les matières et les reflets de ces pièces somptueuses (sa manière ne va pas sans rappeler celle des Hollandais du xvii siècle, dit-on) lui valent une très haute réputation peu avant l’avènement de l’impressionnisme, cela au moment même où la photographie aurait pu condamner son art académique à l’extrême : dès le début des années 1860, il est reconnu comme le maître incontestable de son genre pictural, voire de la nature morte. On disait alors « un Desgoffe » pour évoquer un tableau aussi fidèle que minutieux. Pour le poète Jules Laforgue il était « auteur de photographies intelligentes », Gustave Moreau le sacrait « Pérugin des gemmes » tandis que Joris-Karl Huysmans le traitait de « léchotteur ».

Beaucoup d’autres artistes, écrivains ou critiques français – et des plus célèbres – ont parlé de lui, dont Edmond About, Alphonse Allais, étienne Arago, Maxime du Camp, Jules Barbey d’Aurevilly, Jules Claretie, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Jules Janin, Alphonse Karr, Pierre Larousse et Vincent Van Gogh (dans une lettre à Theo). Mais encore, dans un amusant opuscule signé Lourdey et intitulé Comment procèdent les maîtres paru en 1890, on trouve une délicieuse caricature de Blaise Alexandre Desgoffe se tenant dans la galerie d’Apollon, perché sur un haut tabouret devant une vitrine de gemmes qu’il scrute à travers une grande loupe fixe pour réaliser un tableau.



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